Témoignage : Véronique, mordue des bords de la Biaysse

Témoignage de Véronique, parisienne et randonneuse, recueilli par Martine Guilcher.

©Phovoir

« Je fais cette rando à Freissinières (site Freissinieres), dans les Hautes Alpes de depuis mon enfance tous les étés, et parfois même l’hiver en  ski de fond. Tout le monde sur le pont à 5 ou 6h du mat pour ne pas grimper en plein cagnard. Munis d’une lampe torche, nous avançons dans un silence de mort. Seule la rivière semble en vie. Son murmure nous guide, une complicité se tisse. C’est magique ! Sa présence est un repère. Elle rassure. Nous la suivons et si nous nous égarons, il suffit de tendre l’oreille. Son clapotis nous ramène toujours par le bout de son lit aux habitations.

©Phovoir

Première halte à la cabane de berger où l’on étanche sa soif sans risque à la fontaine. Quelle jouvence ! Un grand moment  ce petit  déjeuner qui donne l’impression d’assister à la naissance du monde ! La cabane du berger c’est la dernière habitation avant de grimper à 2 500m d’altitude. Au fur et à mesure qu’on s’éloigne de la civilisation, que les moutons et les chiens forment des points, on se rapproche des troupeaux de  chamois.

©Phovoir

On en prend plein les mirettes grâce aux jumelles, d’abord. Mais on a déjà en direct  les colonies de marmottes énormes, et  pas du tout intimidées par notre arrivée. Elles n’ont pas peur, on ne les chasse plus. Celles qui sont plus haut  sont plus craintives, elles voient moins de passage, du coup elles sifflent de trouille. C’est très drôle, ce bruit ressemble à un sifflet de gendarme. Elles sont d’ailleurs baptisées  les gendarmes de la montagne (animaux des montagnes). Bon, à ce niveau là, ça ne rigole plus,  la marche est de plus en plus  raide jusqu’au col d’Orcières (on l’appelle aussi Freissinières). A l’arrivée, j’en ai plein les mollets. Mais, quel pied, la vue est à 360°, incroyable! La vallée s’étale 300 mètres plus bas. Au sommet, tout le monde  s’écroule. Certains piquent un roupillon, d’autres papotent, moi, je mange. Il faut prendre des forces pour redescendre. Aïe la descente, tout travaille surtout les genoux et les chevilles. Pour moi c’est le plus dur. Mieux vaut être bien équipé, c’est à ce moment là que les bâtons servent bien. Parfois je triche une fois regagnée la route. Je rentre en stop (rires)! Mais j’adore cette journée, ça donne envie, hein ? »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

45 queries. 0,328 seconds