Randonnée en paire solidaire

Par Martine Guilcher

Tristan et Éric sont partis sans les femmes de la famille (mère et sœur) randonner en Cappadoce (Turquie). Habitués à des séjours touristiques à l’étranger  et à l’hôtel, c’était leur première randonnée. Six ans plus tard, ça reste parmi leur meilleur souvenir de vacances. Témoignage croisé.

Le père et le fils en belle randonnée

Éric (le paternel) : la rando, c’est une bonne harmonie pour des vacances père-fils. On est souvent ensemble mais il y a aussi d’autres enfants avec lesquels il peut s’évader (même si l’un était trop petit, trop fatigué et assez collant pour Tristan). Je me souviens même qu’il avait rencontré des gamins du village avec qui il jouait au foot le soir. Rien à voir avec Sharm el sheikh et le ghetto à touristes dans un hôtel de Russes… Les circuits étaient faciles, les paysages fantasmagoriques et les visites de cités sous terre ou troglodytes ludiques à explorer pour un pré-ado. En plus, il a vraiment connu des expériences inédites : le bain de souffre, le hammam… son père chez le barbier ! On a eu des moments de complicité, pas seulement devant les paysages époustouflants, mais aussi à la fin du voyage où on a passé une journée à Ankara, qui doit être l’une des villes les plus inamicales du monde. Traverser une rue y est un sport à haut risque et on s’est même fait courser par des chiens  dans la vieille ville. Parce que le voyage, ce n’est pas que des bons souvenirs mais aussi une petite aventure, je crois que cette parenthèse dans une vie stressante nous a rapproché. J’espère qu’on fera une autre rando de ce genre au Maroc ou en Écosse.

La randonnée enfantineTristan : j’avais 11 ans. Je me souviens d’avoir acheté des chaussures exprès pour ça. Je m’attendais à avoir des sortes de moonboots et je redoutais une entorse parce que, selon ma grand-mère, ça arrivait souvent en rando. Juste après l’aéroport, je me souviens que notre guide s’est arrêté sur le bord d’une autoroute et quand je lui ai demandé si je pouvais boire au robinet il m’a répondu que non, car cette eau me rendrait malade, on s’est regardé avec papa, et quelques jours plus tard j’ai eu la tourista sous le regard amusé de papa. Je me suis senti protégé par mon père tout le long du voyage. C’était très nouveau pour moi qu’il soit proche sans fatigue et sans boulot ! Du coup je me sentais heureux même si  j’avais la tourista. J’ai découvert que j’aimais marcher et rentré fatigué le soir, par contre papa a eu pas mal d’ampoules, mais on était sur la même longueur d’ondes parce qu’il appréciait autant que moi de rentrer en charrette. On n’a jamais eu de désaccord, mine de rien, il n’était pas père poule, il me laissait aller jouer avec les autres enfants, et il m’utilisait tout de même comme modèle pour ses photos, et ça me donnait de l’importance, je n’étais pas seulement son fils, je me sentais utile, j’avais l’impression qu’il avait besoin de moi.

Un bon bain après une randonnéeJe me souviens d’une baignade dans une eau de soufre et j’étais fier d’y être allé alors que lui ne s’était pas jeté à l’eau mais me regardait affectueusement. Avec le recul, je comprends que ce voyage lui a permis de développer sa fibre paternelle. Je le sentais beaucoup plus présent qu’à la maison. Ça me changeait de la complicité limitée à Pizza Hut quand maman s’absentait. A la maison quand il n’était pas crevé c’était exceptionnel, alors là c’était une présence constante. Ça coulait de source que c’était mon père, et c’était nouveau.  Au retour on a fait un blog, ça nous a permis de revivre cette complicité quelques temps à la maison !

En savoir plus :

Découverte de la Turquie et des Cappadoces

Livre « Kilomètre Zéro »

 

Crédit photos : ©Éric Le Braz

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