Le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle en Limousin

Marcher, c’est facile, à la portée du plus grand nombre et bon pour la santé !

Par M. Pascal Bruneau, propriétaire de gîte et chambres d’hôtes à Lasgorceix (Haute-Vienne).

La rando ne nécessite pas de gros investissements : une bonne paire de chaussure, certes, un sac à dos et quelques affaires de rechange, sans oublier des vêtements imperméables (qui peuvent être très utiles certaines fois) et le tour est joué ! De la simple promenade en ville ou dans un parc au trek en montagne de plusieurs jours, il y en a pour tous les goûts. Et ses bienfaits sont fous !

« Marcher est peut-être  mythologiquement le geste le plus trivial, donc le plus humain » a écrit Roland Barthes.

D’où la passion qu’elle suscite chez des millions de personnes partout en France. mais ne limitez l’activité à une simple discipline sportive (randonnée, course, trek, trail, etc…). Marcher nourrit aussi l’esprit.

« C’est en marchant que j’ai eu mes pensées les plus fécondes et je ne connais  aucune pensée aussi pesante soit-elle que la marche ne puisse chasser », disait Kierkegaard.

Alors la marche serait-elle un remède aux maux de notre société ? Très certainement. Elle permet de prendre son temps (on oublie le stress, on ne vit plus dans l’immédiateté), d’admirer les paysages (on n’est plus dans le virtuel), de faire des rencontres (avec de vraies personnes physiques), et de se réapproprier son corps devenu parfois trop sédentaire.

Marcher revêt aussi une dimension spirituelle. Il paraît que « l’homme marche pour se consoler d’aller vers le néant ». De tous temps l’homme a marché, notamment pour se déplacer sur des lieux où il rentre en contact avec le sacré. Il s’agit alors de pèlerinage.

Cette réflexion m’a poussé à m’intéresser au pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle, qui comprend 4 voies principales, dont une, la via Lemovicensis, qui passe par le Limousin. Pratiquant la randonnée depuis de nombreuses années, je n’ai pourtant jamais fait le chemin de Saint Jacques. Peut-être un jour… On verra. Il est vrai que de plus en plus de randonneurs (pas forcément croyants) font ce pèlerinage. A mon avis, ce sont des non-croyants qui sont déjà dans une certaine démarche spirituelle.

La Via Lemovicencis passe par Crozant, Bénévent l’Abbaye, Saint Goussaud, Châtelus le Marcheix (village soudainement devenu très connu après le livre de Michel Houellebecq « La carte et le territoire »), pour la Creuse, et pour ce qui est de la Haute-Vienne : Saint Léonard, Limoges, Flavignac et Châlus. Les pèlerins passent par des chemins absolument fabuleux et découvre un patrimoine bâti fantastique. L’intérêt historique réside dans les sanctuaires de Saint Léonard, à Saint Léonard de noblat, cher à Aimery Picaud qui a en quelque sorte rédigé le premier guide du pèlerin.

Comment est né ce pèlerinage ? Pour le savoir il faut remonter aux origines des la chrétienté. Jacques était le frère de l’apôtre Jean. Il est parti de Palestine pour prêcher la parole du Christ en Occident. Un ermite, guidé par une étoile dans le ciel (d’où Compostelle, du latin Campus Stellae), aurait trouvé son tombeau à l’endroit qui deviendra St-Jacques-de-Compostelle.

A Limoges les pèlerins peuvent être guidés par des coquilles scellées dans le sol. La coquille est en effet le symbole de ce pèlerinage. Il y a d’ailleurs en Dordogne un village qui s’appelle La Coquille. A l’origine les pèlerins avaient pour habitude de ramener comme témoignage de leur voyage, des coquilles qu’ils accrochaient à leur manteau ou à leur chapeau. On donna ensuite le nom de Saint-Jacques à ce mollusque.

Le Limousin a toujours été une région de passage, et qui plus est, au moyen-âge, la population était très croyante. L’église y était particulièrement puissante. Il n’est donc pas étonnant que le culte de Saint-Jacques s’y soit répandu, surtout au 12ème siècle. A Limoges on pouvait trouver des auberges, des églises, des confréries et des hospices, des endroits où les pèlerins pouvaient faire une pause salvatrice avant de reprendre les chemins. Il y a d’ailleurs au musée de Limoges, un tombeau en calcaire (qui provenait de l’abbaye de Saint-Martin de Limoges), dans lequel est enterré un couple de pèlerins. D’après la légende, la femme est tombée malade et avant de mourir, a demandé à son mari d’aller à Compostelle et de revenir auprès d’elle. Ce qu’il fit. De retour à Limoges il tombe malade, et meurt. Il paraît que lorsqu’on l’enterra, sa femme se poussa légèrement  pour lui faire de la place.

Aujourd’hui le Limousin est toujours une région de passage et on y trouve une qualité de vie exceptionnelle. Je peux affirmer que cela est encore plus vrai quand on est randonneur !          

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2 Responses to Le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle en Limousin

  1. Concernant la Voie Lemoviscensis ou Chemin de Vézelay: à partir de St-Goussaud, elle se dirige vers le Pont du Dognon (GR 654) et ne passe donc pas à Châtelus-le-Marcheix. Par-contre, l’autre Chemin vers Compostelle en Limousin, « La Voie de Rocamadour en Limousin et Haut-Quercy », qui débute à Bénévent, se sépare du Chemin de Vézealy à St-Goussaud et continue en suivant le GR4 vers Châtelus et Bourganeuf. Puis elle se dirige vers Eymoutiers, Treignac, Tulle, Aubazine, Collonges la Rouge, Martel et Rocamadour. Ensuite le plus logique est de continuer par le GR652 (Gourdon, Salviac, Penne-d’Agenais, Agen) pour rejoindre le Chemin du Puy à La Romieu (Gers).
    Cordialement
    François Ceyrac,
    Pdt de l’association un Chemin de St-Jacques

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