Comment les faire marcher sans les mettre au pas

Par Martine Guilcher

Pour le Dr Seznec, médecin du sport, psychiatre, auteur et randonneur, on peut marcher  avec des enfants de tous les âges. C’est bon pour la santé et le moral, à condition de savoir s’y prendre.

Le Dr Seznec adepte des randonnées

« On vit dans une société où le village et la famille ont disparu, partager une rando permet de recréer du lien et de rouvrir un espace de partage » assure Jean-Christophe Seznec. D’autant que la  marche, activité d’endurance peu intense, s’adapte très bien à l’organisme de l’enfant avec des distances adéquates. Aucun doute, en groupe ça fonctionne bien. Mais en  tête à tête, surtout avec des pré-ados et ados, c’est plus risqué. En effet, les classiques oppositions parents-ados nécessaires à leur construction et émancipation peuvent resurgir. Au sein de la famille nucléaire, ce « conflit » permet à l’enfant de créer son identité, en affirmant « je suis différent ». Il est donc nécessaire de trouver un  terrain d’entente. Si vous  leur imposez une randonnée alors qu’ils n’en ont jamais fait, c’est violent ! Et plus c’est brutal, plus ils s’opposent. Mieux vaut manœuvrer pour dépasser ces limites et trouver un compromis, surtout à l’adolescence. Selon le Docteur Seznec, c’est le jeu relationnel qui va faire avancer les enfants. Et il sait de quoi il parle. Il est parti en randonnée à la Réunion avec un groupe d’amis et des enfants de tous âges, y compris un bébé et… la pluie pour invitée. Et ça a marché !

Les enfants en baladeSa recette ? alimenter la marche de temps d’échange et d’intérêts : découvertes des plantes, des animaux, bref trouver des sujets qui retiennent leur attention. Et ne pas négliger l’aspect ludique. Éviter de mettre trop d’importance, et de sérieux. Et bannir le ton professoral. Enfin les préparer. « Nous avons fait avant de partir des projections de diapos à la maison afin de les sensibiliser. On ignorait ce que ça allait donner et surprise, la mayonnaise a pris de suite. Mais je n’hésite pas à faire le clown pour nourrir les échanges. Et j’ai toujours éduqué mes enfants avec des groupes d’adultes et d’enfants. Ils ont l’habitude du collectif. Ce qui est important c’est de leur montrer que la rando les aide à se rapprocher de ce qu’ils aiment. Et pour ça il faut avoir identifié ce qui fonctionne pour l’enfant : l’humour,  la curiosité, l’effort physique… On l’aide ainsi à s’ouvrir à un nouvel espace.

Et surtout, on n’oublie pas  la « récompense », un bain, un pot dans un endroit sympa, une bonne rigolade, un pique nique. Ils observeront qu’ils ont partagé avec les autres membres de leur famille un moment unique qu’ils pourront se remémorer lors des dîners familiaux avec toutes les anecdotes savoureuses.

«  L’astuce si l’on n’apprécie pas trop les grandes colonies, c’est de partir au moins à deux familles ou sinon avec un ou deux copains pour chaque enfant pour qu’il trouve quelqu’un avec qui vivre cette expérience. » conseille le docteur Seznec.

En savoir plus :

Publications du Docteur Jean Christophe Seznec :

Connaitre son corps avec le Dr Seznec « J’arrête de lutter avec mon corps, votre thérapie par l’action » Ed PUF

 « L’économie de l’effort, manuel pratique de physiologie à l’usage des professionnels du sport et de la danse » Ed Désiris.

 

 

 

Crédit photos : Dr Seznec – Eric Le Braz

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

48 queries. 0,312 seconds