Bernard Bertrand donne à voir et à manger

Par Martine Guilcher •

Bernard Bertrand est un écrivain-paysan. Il initie les randonneurs à la cueillette des plantes sauvages à travers ses livres, ses stages, ses recettes insolites et ses randonnées.

Bernard, randonnée et cuisine des herbesNe lui parlez pas des mauvaises herbes, il n’en connaît que des bonnes, celles qu’il cueille dans les chemins creux des Pyrénées comme de Normandie, deux régions qu’il connaît comme sa poche. Ce pionnier de l’édition sur les plantes sauvages  et la cuisine naturelle (avec le Suisse François Couplan) a créé sa propre Maison (les éditions de Terran) et signer un nombre impressionnant de livres spécialisés sur l’ethnobotanique. Tout a commencé dans les années 70 à titre personnel quand  ce fils d’agriculteur est revenu à la terre et à ses racines paysannes. Les premiers livres paraîtront à la fin des années 80 et au début des années 90. A l’époque, la démarche surprend le plus grand nombre. On la trouve originale, rares sont alors les cueilleurs de plantes sauvages.

Livre_plantes_toxiquesIl réalise ses premiers herbiers avec l’éditeur « Plume de carotte », pour lequel il signe entre autres, un « Herbier toxique », où il explique dans un bel ouvrage, riche en iconographie  que « c’est la dose qui fait le poison » ! Loin de diaboliser la cigüe, l’auteur nous apprend qu’on peut apprivoiser la toxicité. Tout est affaire de connaissance et en matière de botanique, notre Président de l’association, les amis de l’Ortie en connaît un rayon. Il a lancé la collection le « Compagnon végétal », devenue aujourd’hui l’outil de base des animateurs Nature. Ces  petites encyclopédies dédiées à une seule plante sont uniques en leur genre. La collection traite de A à Z, une espèce sous  toutes ses coutures. Résultat, l’Ortie est consignée sur 200 pages et le bouleau en une quinzaine de tîtres. Quand on demande à Bernard Bertrand les raisons de son succès, il répond humblement : « On plaît aux amoureux de la nature et qui cherchent à en découvrir toutes les richesses. On ne peut pas faire de cueillette sauvage sans rando, ça va vraiment ensemble. Chaque balade réserve ses surprises. On sent un intérêt croissant pour ce type d’activité. D’abord c’est gratuit, et aujourd’hui cette démarche est une denrée rare. Donc oui ça marche même si nos tirages restent modestes (de 3 à 8 000 exemplaires).

Je suis assez fan des randos autonomes au sens alimentaire du terme. Je n’apporte pas de sac à dos bourré de nourriture lyophilisée, ça n’est pas ma conception de l’autonomie, » s’amuse t-il.

Le_jardin_des_Sortilèges_Vallée_AspetOutre la partie Edition,  Bernard a crée, au fin fond des Pyrénées,  avec sa compagne Annie- Jeanne, un jardin botanique. Suspendu à 2000 mètres d’altitude, « le jardin des sortilèges » est niché dans la vallée d’ Aspet. Il est ouvert de juin à septembre. On y propose des stages pour s’initier à la véritable autonomie dans la nature ou encore fabriquer son pain avec ses mains, des yaourts sans yaourtière, des recettes naturelles douces pour le corps et pour la bourse. Ces stages et séjours incluent bien sûr les randos.

En savoir plus :

Le jardin des sortilèges

Éditions Terran

Éditions Plume de Carotte

Crédit photos : ©Éditons Terran – ©Jardin des sortilèges

 

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