A Paris la rando urbaine est humaine !

 

Par Martine Guilcher.

City Trek Paris

 

 

Les adeptes des City Trek sont en quête de “vrais” lieux, et de « vraies » rencontres. Le tourisme alternatif et participatif l’a bien compris. Il met en avant le patrimoine humain plutôt qu’architectural. Et, ça marche. La preuve par le succès de l’association «  Ça se visite ».

City Trek Paris

Canal Saint-Martin (10 e)

 

 

Nous avons rencontré Sébastien Frasque, l’un de ses accompagnateurs/révélateurs de quartier depuis 5 ans . Témoignage :

« J‘étais  guide interprète régional, professionnel  avant de travailler à « Ça se visite ».  L’association a démarré il y a douzaine d’années dans le quartier de Belleville. Maintenant elle couvre tout le Nord Est de Paris et un peu la banlieue. Nous sommes 34 accompagnateurs. C’était la 1ere à montrer qu’on pouvait faire un tourisme différent à Paris. Ca suscitait beaucoup de doutes, voire des oppositions. Les professionnels étaient persuadés que ce n’était pas sérieux comme démarche. Maintenant on est copié par au moins 4/5 structures, sans compter les particuliers et les guides qui nous imitent. Mais on est les seuls à vraiment faire du  tourisme participatif, durable, responsable, équitable et solidaire. Contrairement aux greeters, qui restent des amateurs, nous offrons une véritable prestation professionnelle. Il faut être disponible et engagé toute l’année. Il ne suffit pas d’habiter un quartier pour le connaître. Beaucoup de nos randonneurs redécouvrent Paris avec nous et à notre manière. Il nous arrive régulièrement d’avoir des habitants du quartier. La moitié de notre clientèle est parisienne, francilienne, un quart provinciale ou francophone, l’autre quart étrangère fait la balade en langues étrangères. Ça dure 2h 2h30. Tous les accompagnateurs sont des pros rémunérés. Nous formons aussi en interne. Nous essayons de faire découvrir un quartier sous l’angle des gens qui y vivent et y travaillent. Ce qui n’empêche pas d’aborder l’aspect architectural et historique. Nous avons énormément renforcé les valeurs éthiques. Ça se traduit par le tissage d’un réseau sur le territoire. Nous tentons de mettre en valeur des acteurs locaux. Nous ne travaillons pas avec des grands groupes. Nous sommes entre 5 et 15. Et nous évitons de  passer trop souvent aux mêmes endroits. Nous proposons des rencontres avec un habitant, artiste, commerçant, artisan. C’est un moment d’échange qui favorise le contact entre les touristes et l’autochtone, c’est l’aspect participatif. Nous avons créé un fonds solidaire auquel nous consacrons 10% de notre chiffre d’affaire. Pour nous l’activité touristique ne doit pas se contenter d’être prédatrice. Il faut qu’elle enrichisse aussi le territoire. Les gens reviennent. On n’a pas besoin de communiquer, le bouche à oreille suffit !

Crédit photos : ©Ça se visite

 

 

 

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